ALBANNE : QUAND LE ZOUK LOVE CELEBRE L’AMOUR !

Write on mardi, 12 juin 2018 Published in Les News Read 328 times
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« Si je savais dessiner, je me lancerais aussi dans la peinture. Parce que je suis une artiste, je vœux m’exprimer à travers toutes les formes d’expressions artistiques», nous confiait récemment la chanteuse martiniquaise, Albanne. Preuve de sa passion pour l’art dans toutes ses variantes.

‘’A toi’’,  son nouveau single qu’elle vient de mettre sur le marché est un hymne à l’amour. C’est aussi un hymne à la solidarité. La native de Fort de France nous plonge, par ailleurs, dans la tradition Antillaise avec la présence de tambour guadeloupéen. Ce qui lui permet de réussir un savoureux dosage avec les rythmes actuel, toujours à la recherche de l’unité. Dans cette interview qu’elle a accordée à Top Visages, elle nous explique comment un mannequin chez Yves Saint Laurent passe des « T » à la scène musicale, micro en main.

 

. Quel est le sentiment qui t’anime lorsqu’on te dit que tu es la meilleure voix de la galaxie zouk du moment. Fière ou tu te dis : c’est normal je chante bien ? 

- (Éclat de rire)… Non ! Non, ce n’est pas du tout comme cela que je le vois les choses. En réalité, ça fait plaisir d’entendre ces choses sur soi. Après, c’est une grosse responsabilité, mais pas un fardeau. Il faut maintenant passer à la seconde étape qui est de se donner les moyens pour rester dans la dynamique où tu as été mise. Ça demande beaucoup de travail. Pas vraiment facile pour rester au top, mais ça fait plaisir.

 

. Lorsqu’on est mannequin et qu’on a défilé pour des grandes marques comme Yves Saint Laurent, qu’est-ce qui peut amener à tout abandonner pour la chanson ? 

- C’est la juste logique des choses. A la base, j’ai toujours voulu chanter. On peut dire que je suis devenue mannequin par accident du fait de mes 1,80 m. Je suis donc très grande. Et très tôt, on m’a proposé de faire du mannequinat. D’ailleurs, la première fois que j’ai défilé, c’était pour un styliste qui, du reste, m’a introduite dans son show pour faire de la danse. Il voulait tellement que je défile et je refusais à chaque fois. Donc, il m’a proposé de faire un petit show de danse avant son défilé. Après, j’ai connu le milieu, les filles. Il m’a proposé de porter juste la robe de marié à un de ses défilés et c’est parti !

 

. Il parait que ça ne porte pas chance de porter une robe de marié ?

- (Rire)… Ho ! Ça dépend de ce qu’on espère…

 

. Et toi, tu espérais quoi quand tu as porté la robe ?

- (Rire)… Non, j’avais rien espéré.

 

. ‘’A toi’’, ta  nouvelle production, qu’a-t-elle de différent par rapport aux précédentes ?

- C’est un titre, un des singles de l’album. Avant ça, j’avais fait un titre ‘’Neg Kon’ Neg’’ pour dire : soyons solidaires entre nous les Noirs. C’est un message qui me tient vraiment à cœur. Et là, je fais ‘’A toi’’, c’est pareil, un résumé de tout ce que j’entends, et c’est du zouk love. Je raconte une histoire d’amour, parce que pense que le zouk love n’a pas à être différent. Les histoires d’amour restent son ADN. Il y a des gens qui aiment cette façon de chanter le zouk. Ce n’est pas une musique de revendication d’ordre politico-social. Peut-être, identitaire, parce qu’elle est un des reflets de la culture noire…

 

. Le message de ‘’A Toi’’ est-il  adressé à quelqu’un de particulier ?

- Particulier ? Difficile de le dire, dans la mesure où il concerne toutes ces personnes qui n’ont pas saisi que les relations doivent être dans les deux sens. Tu as donc parfaitement compris. C’est l’histoire d’une femme qui dit à son mec qu’elle a tout fait,  elle a tout donné c’est à son tour.

 

. D’où est venue ta passion de la chanson ?

- Depuis toute petite, mes parents m’ont mise à la chorale, à l’église. Et après, j’ai pris goût. Mais, à la base, ce n’était pour ça qu’ils m’avaient inscrite dans cette chorale (Éclat de rire)… C’était pour m’imprégner de la parole biblique plus que pour la chanson. Et après, il y a eu la danse de tous les styles, du moderne dance en passant par le break dance et autres. Les choses ne furent pas évidentes, parce que je viens d’une famille ou faire la musique n’était pas quelque chose de sérieux. Il fallait faire des études. Je les comprenais, mais aujourd’hui, tout le monde sait que le musique, c’est un métier comme tout autre, on peut en vivre même si ce n’est pas évident. Mais, il faut être passionné. Et c’est vrai que quand on aime, quand on est passionné de quelque chose, on ne compte pas le temps de travail. On bosse à tous moments et on y arrive.  

 

. Comment a tu réussi à tromper la vigilance des parents ?

- En cachette, en parallèle avec les études, comme je pouvais. J’ai continué à travailler, notamment, pendant la période de mannequinat. J’allais faire des cœurs et autres. Les parents n’étaient pas, à ce moment, trop regardant parce que c’était aussi de là que venait mon argent de poche pour continuer ma scolarité. Au lieu d’aller travailler dans les McDo (restauration rapide) ou faire du baby setting comme tous les autres étudiants, je faisais du mannequinat qui me permettait de gagner un peu d’argent. C’est comme ça que j’ai présenté la chose à mes parents. Ils ont dit : si c’est ça, OK !

. Tu fais aussi tu Théâtre ?

- Si je savais dessiner, je me lancerais dans la peinture. Parce que je suis une artiste, je vœux m’exprimer à travers toutes les formes d’expressions artistiques. Aujourd’hui, le théâtre me sert  beaucoup dans la chanson, au niveau de l’occupation scénique pendant mes spectacles. C’est pour ne pas être, comme on dit, un portemanteau devant un micro que j’ai commencé par la comédie musicale. Elle te permet de connaitre ton corps. Par les différentes chorégraphies, tu présentes bien et mieux la chanson que tu interprètes. Le théâtre permet donc d’être plus à l’aise devant le public. C’est pour cela qu’il est une thérapie pour les gens timides.

 

. En général, tes chansons tournent autour de quelle thématique ? 

- Il y a une expression aux Antilles qui dit : « Neg Pou Neg » pour dire le Noir est contre le Noir. Je ne sais pas si cela est propre aux Antilles, mais je dirais que partout c’est pareil. Partout où vous arrivez, s’il y a deux Noirs, au lieu de se mettre ensemble, chacun va montrer qu’il est mieux que l’autre. Et ils vont s’entredéchirer. Je le dénonce dans mon précédant single. L’unité entre les peuples Noirs est une nécessité. Après, j’ai chanté ‘’Mon frère’’,  un message à un frère qui s’est détruit avec la drogue. Malheureusement, aux Antilles, c’est un fléau qui ravage les jeunes. En gros, la thématique de mes chansons tourne autour des faits de société, ce que nous vivons au quotidien. C’est pour ça que j’aime ce métier parce qu’on a ce pouvoir de sensibiliser les gens. 

 

.  Tu signes vraiment le retour du zouk love pur avec tes chansons. Tu es en train de faire mentir tous ceux qui avaient vite fait d’enterrer le zouk love avec l’arrivée du R&B.

- Je trouve que le zouk love a encore toute sa place. C’est prématuré de signer son arrêt de mort. Il n’est pas « has been », il y a beaucoup d’artistes internationaux qui s’intéressent à cette musique. Moi, quand je fais des concerts, je vois dans les yeux du public une grande envie du zouk love. 

 

. Crois-tu à l’adage qui dit que ce sont les vieilles marmites qui font les bonnes sauces ?

- (Elle réfléchit)… Huumm, pas spécialement. Tout le monde a sa place dans cet univers. On dit aussi qu’aux âmes bien nées, la valeur n’attend pas le nombre d’années. Quoi qu’on dise, il n’y a pas de corrélation entre ce qui est ancien, et ce qui est jeune et nouveau. Par contre, je m’inspire beaucoup de ce qui est ancien. J’écoute beaucoup de musique du passé. Ce serait un sacrilège pour moi qui fait du zouk sans écouter du Kassav’, par exemple. C’est un groupe qui nous a tous inspiré. Jacob Devarieux disait un jour qu’il y avait quartre générations dans une même famille aux concerts de Kassav. Dans ma famille, par exemple, des grands-parents aux petits enfants, tout le monde est Kassav.

 

. Tu as des rapports avec Kassav’ ?

- J’ai la chance de connaitre beaucoup de monde dans le milieu zouk, donc je les côtoie. Je connais personnellement Marie Josée Gibbon. J’ai rencontré Jacob Devarieux que je vois souvent.

 

. Tiens, ça tombe bien ! Certains on reproché à Kassav de n’avoir pas usé de leur notoriété pour défendre les causes des blacks da travers des chansons engagées.

- Je trouve que c’est injuste de dire cela de Kassav. Ce n’est pas en battant les pavé sous le soleil le samedi après-midi et crier à tue-tête qu’on revendique mieux les causes des Noirs. Le fait de montrer ce que le Noir a de beau, avec la musique, notamment, le zouk de Kassav’, c’est une forme de revendication. Kassav a fait connaitre une musique, une culture Noire au monde entier. Ça aussi c’est une autre manière de combattre. Ne dit-on pas que la lutte est multiforme ?  Donc Kassav’ aussi fait son combat a sa manière. Ne serait-ce que le rapprochement entre l’Afrique et les Antilles. De quoi parle leur chanson ‘’Goré’’ ?   De toutes les façons, les gens aiment toujours critiquer. On entendra toujours ce type de critiques sans fondements. C’est une activité pour eux, donc qu’ils continuent de critiquer injustement !

 

. Apparemment, Kassav’ t’a rapprochée de l’Afrique. Ton regard sur cette Afrique aujourd’hui ?

- (Silence)… Un regard de tristesse et de désolation. Trouves-tu normal que le continent le plus riche du monde ait la population la plus pauvre ? Cette Afrique qui souffre, qui se bat et qu’on empêche de sortir de sa léthargie. J’avais écrit une chanson dans ce sens, mais sur tous les Noirs, en général.

 

. Entre la Bible, le Coran et la Tora, tu choisis lequel de ces livres ? 

- Ils parlent tous de la même chose. Je choisirai celui qui est écrit en français. C’est vrai que j’ai été élevée dans la religion catholique, mais aujourd’hui, je n’ai pas de religion. Parce qu’avec le recul, je pense que c’est la religion qui pose un problème et pas la foi. Les questions de religion t’amènent à dire qu’il ne faut pas t’habiller de telle ou tel manière, il ne faut pas manger ceci ou cela, il ne faut pas parler à telle personne… Tout cala entraine des conflits partout. Parfois, je me demande si les gens s’entendent lorsqu’on dit « Guerre de religion ». La problématique de la foi et de la religion vient de là : quand on rentre dans l’intolérance par rapport à la religion de l’autre, alors que le meilleur des commandements  c’est : aimez-vous les uns les autres… 

 

 

Carino DE DIMI à Paris

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