ANGEA: Elle revient de loin

Write on lundi, 11 septembre 2017 Published in Les News Read 911 times
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A la fin des années 1990, Angea figure au nombre des chanteuses qui font bouger le show-biz ivoirien. Avec son titre ‘’C’est Ndolo’’ (Makossa-mapouka), l’ex-danseuse du ballet national du Cameroun illumine plusieurs scènes en Côte d’Ivoire et dans plusieurs pays africains. En 2001, elle s’envole pour la France pour une aventure européenne.

Six ans plus tard, l’artiste tente un retour avec un album de 9 titres intitulé ‘’Kongosaria’’. Cette année, elle a remis ça avec sa toute nouvelle œuvre, un maxi-single baptisé ‘’Je reviens de loin’’.

Causerie avec Angea qui dit tout de sa vie et de sa carrière. 

. Quel bon vent t’amène à Abidjan ?

- La Côte d’Ivoire est mon deuxième pays. Malgré toutes ces années d’absence, mon cœur est resté dans ce pays. Je viens de temps à autre à Abidjan pour mes différents business. Maintenant, je suis en train de m’organiser pour me réinstaller définitivement en Côte d’Ivoire.  

. Qu’est ce qui avait précipité ton départ ?

- Après le Gabon, le Togo et le Ghana, je suis arrivée en Côte d’Ivoire en 1998 comme une aventurière, seule, sans ma famille. Par la suite, j’ai ouvert un restaurant avant de me lancer dans la chanson. Dès lors, les choses sont allées très vite. Mon album connait un succès et je suis sollicitée de partout. Et, avec les évènements que le pays a connus, mes parents ont commencé à s’inquiéter pour moi. Contre ma volonté, j’étais obligé de me lancer dans une aventure européenne. 

. Tu abandonnes le succès pour une nouvelle aventure, comment cela s’est-il passé ?

- C’est avec beaucoup d’amertume que je suis partie. Mon départ, je l’ai vécu très mal. J’ai eu du mal à laisser toute la gloire que j’avais pour aller en Europe. A Abidjan, je suis reconnue dans les rues, les gens me montrent du doigt et je signe des autographes. Mais à Paris, personne ne sait qui je suis. Je vais à la gare de L’Est ou à la garde du Nord qui est fréquentée par des Africains, personne ne me reconnait en tant qu’artiste. Je me rends compte à ce moment-là que je suis dans un nouveau monde. Malheureusement, je suis déjà prise au piège de l’aventure. 

. Comment s’est faite ton intégration à Paris ?

- Ça a été très difficile, mais la bénédiction de Dieu m’a préservée de beaucoup de choses. J’ai une amie togolaise qui m’a hébergée. Et par la suite, j’ai fait la connaissance d’un homme, un Blanc par le biais d’un grand frère togolais. Malheureusement, le Blanc connaissant ma situation me faisait vivre la misère. A un moment donné, je ne pouvais plus supporter cette relation d’oppression et je suis partie. J’ai appelé Vieux Briscard qui m’a ensuite confiée à ma ‘’petite sœur’’ la chanteuse Sly de Sly. J’ai résidé quelque temps chez elle avant de trouver mon premier emploi que j’ai exercé pendant un an. Et c’est en 2003 que j’ai rencontré mon homme qui m’a dit d’arrêter ces petits boulots. 

. Comment as-tu rencontré ton homme ?

- J’étais dans un restaurant avec des amies. Et lui était en transit en France. Tout est parti de là. On s’est parlé et lorsqu’il est revenu de sa mission, deux semaines plus tard, on s’est fiancé.

 . Peut-on en savoir davantage sur l’élu de ton cœur ?

- C’est un journaliste de nationalité italienne. Il s’appelle Tor.

 . Qu’est-ce qu’il pense de ton statut d’artiste ?

- Bon, il est lui aussi tout le temps parti pour ses activités professionnelles. Et il avait du mal à trouver quelqu’un qui puisse supporter cela. Mais lorsqu’on s’est rencontrés, il m’a même demandé de mettre fin à mes petites activités pour me consacrer à ma musique. Quand j’ai des spectacles à l’étranger, j’y vais et il me fait confiance. Entre lui et moi, c’est la confiance. Personne de nous deux ne reçoit des appels ou des sms douteux qui peuvent amener à soupçonner son prochain.

 . Cela empêche-t-il les hommes de te faire la cour ?

- Ce sont des choses liées à la vie d’une femme. Je ne cache pas mon statut de femme mariée. Malgré l’insistance de certains hommes, je décline sagement leurs avances. A un moment, ça devient amusant d’avoir à affaire à des soupirants dont certains sont franchement audacieux. Il y a des grands noms qui m’ont proposé de l’argent juste pour sortir avec  moi. J’ai refusé les propositions. Parce que j’ai trouvé cela comme du mépris. Je respecte mon corps, et je ne suis pas désordonnée sur le plan sexuel.

 . Ton ex a-t-il déjà tenté de revenir ?

- C’est fini entre lui et moi pour de bon. Quand je pars,  c’est que c’est fini définitivement entre nous. Je me dis que ce qui a fait qu’on s’est séparé peut se reproduire. Donc, je ne fais pas marche-arrière. Après 10 ans de concubinage, lorsqu’on s’est séparé, mon homme m’a demandé de revenir, je lui ai dit que ce n’est pas la peine d’espérer mon retour. Il y a quelques années mon premier homme a voulu que je revienne avec lui. Alors j’ai compris que les hommes sont vraiment des masos. C’est lorsque tu es partie qu’il constate qu’il a perdu de l’or.

 . Tu as, semble-t-il, vécu des moments difficiles il y a quelques années…

- Oui, c’est vrai. Il y a six ans, j’ai perdu ma mère. Quelques mois plus tard, je perds mon enfant unique, d’un arrêt cardiaque les jours qui ont suivi sa naissance. Ces deux évènements m’ont beaucoup affectée. Je déprimais régulièrement. Vraiment j’ai mis du temps pour m’en remettre. Cela n’a pas été facile. J’ai beaucoup souffert de la mort de ma mère et mon fils.

 . Est-ce pour cela que tu as baptisé ton maxi-single ‘’Je reviens de loin’’ ?

- Oui, c’est pour tous ces malheurs que j’ai intitulé mon maxi-single ‘’Je reviens de loin’’.

 . Mais sur cette œuvre, tu ne parles pas que de chagrin, il y a aussi de la joie, non ?

- Effectivement, le titre ‘’Man Manganba’’ est une histoire d’amour que j’ai écrite avec le zouglou  Siro et El Paso. C’est un cocktail de biksuti et de couper-décaler. 

. Une histoire personnelle ?

- Non ! Certes, j’ai connu des déceptions amoureuses, mais à présent, je suis une femme comblée. D’ailleurs, la première chanson de mon album, intitulée ‘’Mon docteur’’, est une dédicace à mon mari.

 

Charly Légende 

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