Festi Couper-décaler et Awards du couper-décaler : Molare répond à ses détracteurs

Write on samedi, 30 septembre 2017 Published in Les News Read 1441 times
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Deux gros évènements sont annoncés dans le couper-décaler. Il s’agit du Festi Coupé décalé du 22 au 24 septembre et la 2ième édition des awards du couper-décaler le 1er octobre prochain. Mais  de grosses têtes du mouvement refusent d’y participer. Alors boycott ou indisponibilité ? Le Molare, l’initiateur de ces manifestations répond. Il revient aussi sur la guéguerre avec Lino Versace et Serge 2 Falet et le différends qui l’oppose à Linda de Lindsay sur la paternité des awards du couper-décaler.

. Comment on t’appelle exactement ?

- Mes collaborateurs m’appellent le vieux ou le boss. Comme nom d’artiste en Côte d’Ivoire, il y a beaucoup qui disent Le Molare ou Mollah Omar. Mais en Europe ou dans les pays francophones, on me désigne par Molaré. En vérité, le nom, c’est Molaré car, à la base, c’est comme ça qu’on m’appelait et c’est ce qu’on chantait. Dans la musique, ce sont les fans qui acceptent l’artiste et lui donnent le nom qu’ils veulent. Normalement, on doit mettre l’accent pour faire Molaré. Mais chaque fan décide de son appellation.

. En attendant la cérémonie des Awards du couper-décaler prévue le 1er octobre, ce week-end, se déroulera le Festi Coupé Décalé. De quoi s’agit-il ?

- C’est le festival du couper-décaler dénommé Festi Couper Décaler. On veut donner une plateforme d’expression aux artistes du couper-décaler et à tous les acteurs de la musique ivoirienne. Il y a de gros festivals internationaux où la Côte d’Ivoire reçoit beaucoup d’artistes, mais il n’y a pas une véritable plateforme d’expression pour les artistes locaux et les artistes du couper-décaler. Sur le plateau du Festi Coupé Décalé, il y a d’abord le couper-décaler ensuite les autres genres musicaux comme la musique mandingue avec Affou Kéïta, le zouglou avec Révolution, le reggae avec Ismaël Isaac et le hip hop avec Kiff No Beat ou Stelair. On fait la part belle au couper-décaler car c’est le mouvement urbain qui marche le plus actuellement en Côte d’Ivoire et qui réunit beaucoup de jeunes. On voulait le faire depuis longtemps, mais on a été freiné par la crise post-électorale que notre pays a connue. Dieu merci, aujourd’hui, on est accompagné par une marque avec qui on envisage d’aller loin.

. Dans le festival, il y aura beaucoup de live. C’est une révolution dans le couper-décaler ?

- Quand un mouvement est petit, il faut lui laisser le temps de grandir. Si nous prenons les 15 ans que nous avons passés, on est au stade de l’adolescence. Sur le plan musical, l’adolescence, c’est la maturité. Je pense qu’il faut se professionnaliser et démontrer au public qu’on a  du respect pour lui. Au départ, on disait de nous qu’on n’était pas des chanteurs, des musiciens et autre. On oubliait qu’à la base, ce n’est pas nous qui concevions les musiques. C’était fait par des gens expérimentés de la musique comme David Tayorault, Freddy Assogbah… qui sont des musiciens reconnus en Côte d’Ivoire. Les gens faisaient l’amalgame entre ceux qui faisaient la musique et ceux qui venaient chanter dessus. Ces arrangeurs faisaient ressortir le meilleur de ces débutants-chanteurs qu’ils prenaient en musique. 

Le live est nécessaire à l’évolution de toute musique. Désormais, tous les gros concerts des artistes couper-décaler se dérouleront en live. C’est de ça qu’il s’agit. Il faut nous imposer le live.

. 15 ans après la naissance du couper-décaler, comment se porte le mouvement ?

- Je trouve que le mouvement se porte bien avec des jeunes qui lui apportent un nouveau souffle. Je peux citer Moasko ou Ariel Sheney. Il y a aussi une génération intermédiaire qui est bien vivante avec Mix 1er, Arafat, Kédjévara, Beynaud, Léo, Bebi Philip, Kerozen… Aujourd’hui, le mouvement se porte bien malgré le fait qu’on a eu il y a deux ou trois ans la concurrence des Nigérians avec leur naïja. Cela a réveillé tout le monde sur le professionnalisme dans les vidéos, dans la qualité du son, le suivi musical, le mastering et tout. Pour moi, toute concurrence est positive et ça dépend de comment on la perçoit. Elle a permis de réveiller le mouvement et les gens ont cessé de dormir sur leurs lauriers.

. Revenons à l’actualité. Des artistes disent qu’ils ne seront pas à tes évènements. Qu’en est-il exactement ?

- Sur le Festi Coupé décalé, il n’y a pas de refus à ma connaissance.

. Si ! Serge Beynaud, par exemple !

- Je m’explique. Serge Beynaud n’a pas refusé de jouer. Il a demandé un certain cachet que nous n’avons pas eu les moyens de satisfaire. On lui a expliqué que c’est un plateau participatif pour la promotion du couper-décaler. On a beaucoup de têtes d’affiche. On 52 artistes qui vont jouer. Ce sont les conditions de Serge Beynaud et je ne le prends pas comme un refus. Je travaille dans une entreprise et c’est comme ça que les choses fonctionnent. Personnellement, Serge Beynaud a déjà joué pour moi gratuitement. Mais cette fois-ci, il a dit que ça ne l’arrangeait pas. Et je le comprends. Notre rôle est d’accompagner les artistes. Pour le festival, on a un super plateau composé d’Arafat, Debordo, Kédjévara, Mix 1er, Ismaël Isaac, Kiff No Beat, Affou Kéita, Révolution… 

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Concernant, les awards, il y a effectivement des artistes qui se retirent. C’est leur droit. Mais nous, on continue notre stratégie. On est en train de lancer les awards du couper-décaler et on ne fera pas marche-arrière. Les gens ne se retirent pas par rapport aux principes du jeu. Ils le font par rapport à des soucis personnels que je n’évoque pas ici. Sur le plan du jeu, Kédjévara demande à être dans plusieurs catégories. On lui a fait savoir qu’on ne peut pas changer les principes du jeu. DJ Léo nous explique qu’aujourd’hui, il n’a pas de véritable communication digitale. Tant qu’il y aura le digital dans le choix, il est lésé dans la compétition. Les votes comptent pour 30% d’internet, 30 % de sms et 40% des membres du jury. DJ Léo estime qu’il part avec un déficit de 30% dans les votes. Donc, ce sont ces artistes-là qui devraient avoir l’honnêteté de dire pourquoi ils se retirent.

. Il y a aussi Linda de Lindsay qui réclame la paternité du concept. Où en êtes-vous ?

- J’appelle ça de l’attaque. C’est un faux procès. Organiser Les Oscars du couper-décaler en remettant les prix de gré à gré sans catégorisation et venir attaquer Les awards du couper-décaler qui sont déposés à l’organisation africaine de la propriété intellectuelles (OAPI), au Burida, à l’organisation ivoirienne de la propriété intellectuelle (OIPI) avec un règlement intérieur qui est déposé au ministère du commerce, ce n’est pas juste. Les oscars et les awards n’ont pas les mêmes réglements. Je me souviens bien des oscars du couper-décaler. Ce qui est dangereux dans ce que Linda de Lindsay fait, c’est qu’il y a quelque chose qu’on ne peut pas enlever dans la mémoire des gens : le couper-décaler est déposé à l’institut national français de la propriété intellectuelle (INFPI) par Boro Sandji, Lino Versace, Molare, Douk’Saga, Solo Béton et Bedel Patassé. Awards est un nom générique. Si on part de ce principe de base, le couper-décaler nous appartient. Sur le principe de loi ivoirienne, les awards du couper-décaler sont déclarés partout. Le Burida l’a marqué avec ses termes «Œuvre inédite». L’affaire est devant les tribunaux et c’est à la justice de trancher.

. Plus le mouvement avance, plus il  y a beaucoup de divisions internes. C’est quoi le problème ?

- Il n’y a pas de guerre. Il y a un amalgame que la population ivoirienne fait. Ceux qui sont dans la jet-set étaient des amis. Ce n’est pas un groupe musical dont les membres se séparent. Dans la jet-set, chacun a ses responsabilités et suit son chemin. Là-dedans, il y a des gens qui chantaient et d’autres non. Avec la chanson et après tant d’années, c’est normal qu’il y ait des problèmes. Chacun connait la force et la puissance de ses amis. C’est juste qu’on ne marche plus ensemble. On est comme monsieur tout le monde. Dans la vie, on prend des chemins différents pour des gens qui se sont côtoyés à un moment donné. Que les Ivoiriens passent à autre chose. On a donné quelque chose à la Côte d’Ivoire. Et ma mission est d’entretenir le mouvement. Si je peux être en paix avec mes amis, tant mieux. Si ce n’est pas le cas, ça ne m’empêchera pas de dormir. Et c’est sans langue de bois.

. Qu’est-ce que Lino Versace et Serge 2Falet te reprochent exactement ?

- Ils sont mieux placés pour répondre, car je ne sais pas ce qu’ils me reprochent. Donc, après un, deux ou trois ans, je prends leur attitude comme de la jalousie. D’eux à moi, on sait qui a aidé le plus ses amis. Demandez à mon comité d’organisation. Quand on faisait la liste, on a demandé qu’il y ait un ancien en live sur la scène. J’ai décliné l’offre, mais j’ai suggéré qu’on appelle Lino Versace pour représenter les précurseurs du mouvement. Ses conditions de participation ont été très élevées pour nous. Il a demandé des billets d’avion en business class pour faire venir des musiciens de Paris, des chambres d’hôtel… On lui a dit qu’on avait des musiciens ici qui pouvaient l’accompagner. On a fait la démarche d’aller vers lui il y a trois ou quatre mois. Même si Lino et moi, on ne s’entend pas, quand j’ai besoin de lui pour quelque chose qu’il sait faire, je vais l’appeler. Je suis un businessman. Je sais de quoi Lino est capable sur scène. Quand on dansait dans notre mouvement, Lino était le meilleur danseur. Je sais que si Lino est payé pour venir jouer sur la scène du Festi Coupé-décalé, il va ‘’tuer’’. Malheureusement, ses propositions étaient très élevées pour nous.

. Qu’est-ce que toi, tu leur reproches ?

- Ce sont des amis et on a traversé des choses ensemble. Il faut avoir des c… pour dire à ton  ami qu’il t’a fait des choses qui ne te plaisent pas. Je ne les ai jamais entendus dire qu’il y a eu ceci ou cela. Si tu me dis ce que je t’ai fait qui ne t’a pas plu, je m’excuserai auprès de toi. Je n’ai pas d’égo pour ça. Tout le monde fait des erreurs. Je les connais tous par cœur. A aucun moment, ni Lino Versace ni Serge 2Falet ne sont venus me dire ce que je leur ai fait et qui ne leur plait pas.

. Tu aspires à être le leader du mouvement, pourquoi ne joues-tu pas l’apaisement, le rassemblement ?

- J’ai dit qu’on fait des tentatives. Ça  marche ou ça ne marche pas. Lino Versace a été approché, par exemple, pour faire le festival.

. As-tu essayé d’appeler tes mis pour discuter en tête à tête ?

- Dans le mental, c’est ce que je dois faire. Maintenant, je fais des efforts. L’année dernière, Lino n’est pas venu prendre son prix d’honneur. Serge 2Defalet a été invité aux awards, il n’est jamais venu. Il y a des mots qu’il a utilisés que je préfère taire ici. Avant la cérémonie de l’année dernière, la mère de l’enfant de Douk’Saga et moi avions eu un différend. Elle m’a copieusement insulté sur Internet. Mais quand on l’a invitée pour venir honorer la mémoire de son mari, elle est venue avec son fils. Je ne suis pas dans la polémique. Ça ne m’intéresse pas. Cette année, celui qui peut dire qu’il n’a pas été invité, c’est Serge 2Falet. Mais Lino a été contacté. Tout le monde sait que je peux m’énerver tout de suite. Et puis après, je passe dessus.

. Où en es-tu avec Trace ? Il parait que tu n’y es plus…

- Beh, je suis toujours à Trace et j’ai d’ailleurs reçu une promotion. Merci à tous ceux qui ont propagé la fausse nouvelle et m’ont insulté. Je suis le nouveau responsable de l’évènementiel de Trace et je m’occupe de beaucoup de choses. Il y a de belles choses qui arrivent en décembre. On est dans une nouvelle dynamique. Je suis toujours dans la maison Trace. Je n’ai pas été chassé. Avec mes nouvelles responsabilités, je vais me battre pour accompagner les artistes. Notre marque est là pour ça et pas le contraire. On espère que les artistes seront contents et on va tout faire pour qu’ils aient ce qu’ils ont envie d’avoir au niveau de la chaine.

. Des artistes te reprocheraient d’avoir pris leur argent et leurs clips n’ont pas été diffusés sur la chaîne…

- On attend toujours que ces artistes fassent des interviews ou des vidéos via réseaux sociaux pour le dire. J’ai reçu beaucoup d’artistes et j’ai toujours fait leur promotion. Mais les reproches qu’on me fait, c’est à la limite, de la méchanceté. Tant que ce n’est pas une grosse star, ce n’est pas un problème. Si ton talent mérite que tu passes sur Trace, tu passeras. C’est une chaine panafricaine diffusée dans 169 pays. Ils veulent tous passer sur Trace Africa. Mais il y a des critères à remplir. Je suis ivoirien et je dis à mes frères que s’ils veulent passer sur Trace, qu’ils travaillent davantage et qu’ils fassent  de meilleurs clips. Il y a plusieurs artistes ivoiriens que j’ai aidés à passer sur la chaine. S’ils sont reconnaissants, ils le diront. Ce sont eux qui devraient me défendre quand on me critique. Mais je sais, le show-biz est méchant !

 

Par Omar Abdel Kader

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