Pierre Kouamé : L’habilleur de la Présidente Catherine Samba-Panza

Write on mercredi, 28 juin 2017 Published in Mode Read 396 times
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Parmi les créateurs qui fuient les spot-lights, il y a Pierre Kouamé. C’est un jeune couturier talentueux dont le travail émerveille. Mais, il ne fait pas de bruit autour de sa griffe dont raffolent les stars. Découverte.

Pierre Kouamé fait partie des jeunes fleurons de la mode ivoirienne dont on parle peu.  Pourtant, il réalise de belles tenues. Ce qui se traduit par le fait que des noms célèbres s’habillent chez lui. Pierre est par exemple le styliste attitré de Catherine Samba-Panza, l’ancienne présidente de la République centrafricaine. En Côte d’Ivoire, des artistes comme Bétika, Tiane, Nastou ou Malou Amley se ‘’sapent’’ chez lui. «Ce qui me différencie des autres couturiers, c’est la créativité. J’ai toujours quelque chose à proposer à la clientèle. Je crois que c’est la manière de façonner la matière sur laquelle je travaille qui séduit », dit Pierre Kouamé. Même si ce n’est pas son dada, le couturier a quand même participé à des défilés en Afrique, notamment en Centrafrique et au Bénin. En Côte d’Ivoire, il défile pour des compagnies de cigarettes, Yéhé, Afrikfashion, Yorodéhé… Sa passion est le sur mesure. « Je ne suis pas trop défilé. J’aime m’appliquer dans mon atelier. Je suis plus sur mesure. Mes clientes me donnent la lassitude de travailler sur leurs pagnes. Elles ne m’imposent pas de modèle. Quand c’est comme ça, je suis à l’aise », explique le styliste. Pierre Kouamé fait également une mode exclusivement féminine. Il habille toute la femme. De la tenue de petite fille à la mariée en passant les tenues de villes et de soirée, le créateur arrive à sortir son épingle du jeu. Idem pour les matières qu’on lui propose. Malgré son talent, Pierre Kouamé est arrivé par hasard dans la mode.

La couture est un don que son oncle a détecté chez lui. « Quand mon oncle m’a demandé de faire la couture, j’ai demandé à commencer dans une école de couture », révèle-t-il. Son oncle l’inscrit à La Madone Couture, une école de couture à Tanda en 1997. Trois ans après, il sort major de sa promotion et reçoit les félicitations d’un certain Kobenan Adjoumani, alors député de Tanda. Comme à l’école, c’est plus la théorie, le jeune Pierre profitait de la pause de midi pour toucher les machines et faire un peu de pratique. Après son succès, Adjoumani lui offre une machine à coudre. Ce qui le motive à poursuivre l’aventure. Mais pour bien s’exprimer dans son métier, il souhaite quitter la petite localité de Tanda pour Abidjan. En décembre 1999, il débarque dans la métropole ivoirienne. Il commence chez un ami de sa tante à Yopougon. « Je n’avais pas accès aux pagnes. Ce sont les découpes qu’on me donnait. Je voulais un coin autonome où j’allais pouvoir m’exercer. Mireille Tapé, une amie de l’animateur radio Ahmed Billy m’a pris chez elle. Là, j’étais le patron de l’atelier. Les clientes aimaient bien ce que je leur proposais », dit-il. De Yop City, il atterrit à Marcory. En 2002, il revient s’installer à la Sicogi à Yopougon. Quand son atelier devient exigu, il déménage au Nouveau Quartier, avant de se prendre un magasin plus luxueux et spacieux à la Rue princesse en 2004. Avec ses économies, il s’achète une maison en 2006 à Cocody-Angré près du 22ème Arrondissement. Il y aménage son atelier et son show-room. Pierre Kouamé s’en sort dans le métier. « Malheureusement, je compte arrêter la couture pour m’investir dans l’immobilier qui me fascine. Même si la couture m’a réussi et m’a apporté beaucoup. J’ai quelques notions de l’architecture mais je prends le temps d’observer avant de m’engager. Si je dois continuer dans la couture, ce sera dans le prêt-à-porter. Car avec l’immobilier, je n’aurais pas assez de temps », annonce Pierre Kouamé.

Par Omar Abdel Kader 

 

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